Interview avec Christine LeBlanc, une jeune artiste entrepreneurE

Aujourd’hui nous vous proposons une interview avec Christine LeBlanc, une jeune femme de 25 ans, artiste et par dessus tout, entrepreneurE.

 

  • Présente-toi, qui es-tu?

Je suis Christine LeBlanc, j’ai 25 ans, je viens d’une petite banlieue de la Rive-Sud de Montréal, Québec, mais je vis dans le centre-ville de Montréal depuis maintenant 4 belles années. Artiste avant tout et entrepreneure à en devenir, car j’ai toujours senti que je voulais réaliser de grandes choses. Artiste et entrepreneure pour moi ne vont pas l’un sans l’autre, car tu dois créer souvent tes propres opportunités pour pouvoir gagner en visibilité. Pour l’instant, je ne suis qu’en début de carrière, mais cela ne m’empêche pas de rêver, car il faut bien penser grand pour accomplir de grandes choses.

Un voyage qui m’a beaucoup inspiré fut mon stage artistique de deux semaines en Russie, au musée Hermitage, où j’ai eu la chance de rencontrer des artistes locaux, de voir l’arrière scène du musée et le côté restauration des œuvres d’Art. Bref, un voyage des plus inspirants où j’ai pu réfléchir sur ma pratique et prendre le temps de comprendre certains aspects de ma démarche.

  • Quel a été ton parcours? 

Ayant accompli mon baccalauréat en peinture et dessin, avec mention honorable, à l’Université Concordia, en 2014, je continue sans cesse de naviguer dans mon cheminement artistique. J’ai appris, il y a tout juste quelques jours, mon acceptation à la maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’UQAM, concentration création que je commencerai à l’automne de cette année. J’aurai donc le bonheur de rentrer dans une nouvelle grande étape de ma carrière d’Artiste.

Capture d’écran 2016-04-21 à 16.13.01

  • Quelle a été ta motivation à faire ça?

Je dirais que toute ma vie j’ai été attiré par ce milieu très mystérieux que sont les arts. C’était une façon pour moi de me distinguer des autres et de combler ce besoin créatif. La peinture à l’huile fut mon premier amour et il le reste encore aujourd’hui. Même si je navigue dans les eaux de l’art contemporain, cela ne m’empêche pas d’aimer le beau et d’essayer de plaire à mes spectateurs. Depuis quelques années je développe une série en parallèle, que j’ai nommé « This is Art », de la collection MooMoo, où j’aborde la question de l’Art avec le grand « A » et le questionnement de la limite entre l’art et l’artisanat. Pour ce faire, chacune de mes oeuvres de cette série était étampée d’un sceau qui déterminait que chacune d’elles était bel et bien de l’Art. L’idée de l’estampe amène aussi le spectateur à comprendre que cette oeuvre est unique et qu’elle fait partie d’une série qui assure l’exclusivité de celle-ci. L’art c’est d’oser ouvrir un discours et de questionner ce qui se fait déjà.

  • Pourquoi le nom « La collection MooMoo » ?

La collection MooMoo, son nom me vient d’une histoire loufoque d’un petit personnage ressemblant à une cellule ou bien une méduse qui est apparue par hasard dans une de mes oeuvres. Depuis, j’en ai fait une estampe, qui se trouve être ce personnage fétiche, qui détermine qu’elle oeuvre est véritablement de l’Art ou non tout en ayant un côté humoristique. Voilà un moyen pour moi d’en faire une marque de commerce.

  • Qu’est-ce qui t’a motivée à choisir ce business plutôt qu’un autre?

Pour moi, être artiste n’est pas vraiment un choix, mais un côté de soi que l’on ne peut inhiber. Quand nous avons ce besoin constant de créer et de nous remettre constamment en question, il faut le mettre de l’avant et travailler dans son sens.

En tant qu’artiste, se promouvoir seul n’est pas toujours évident à gérer, car cela peut devenir vite épuisant. J’ai deux amies du CÉGEP, qui elles voyaient grand lorsqu’elles ont démarré un projet qui se nomme maintenant Art Bang Bang, qui a servi à beaucoup d’artistes comme moi de s’offrir une vitrine avec une visibilité qui peut devenir vite très intéressante. C’est tout simplement une plateforme où chaque artiste prend en charge son profil pour vendre, louer, prêter ses oeuvres pour offrir aux gens une chance de décorer leurs murs et d’encourager les artistes de chez eux à promouvoir leur art chez soi à la manière d’une galerie d’art personnelle. Cela permet aux oeuvres de voyager et ainsi à faire parler d’elle. L’artiste, lors d’événements organisés par cette plateforme, peut alors rencontrer des confrères, mais aussi des futurs clients. Par ce fait, un réseautage se crée et augmente la motivation de l’Artiste. Nous sommes loin de l’époque où l’artiste est seul dans son atelier peignant un portrait pour la reine et ainsi gagner son pain. Les temps ont changé et la vie d’artiste n’est pas ce qu’elle était à l’époque les gens préfèrent acheter du Ikea au lieu d’encourager la créativité et l’unicité des oeuvres d’artistes passionnés et investis émotionnellement. C’est pourquoi ce type de plateforme doit continuellement se renouveler et évoluer avec sa clientèle.

  • Les avantages de ton business? 

Bâtir un réseau d’artistes autour de moi pour ne pas me sentir seule, car dans ce métier ce n’est pas toujours facile d’avancer sans être bien entourée, car il faut s’ouvrir aux autres et dialoguer pour que notre pratique évolue. Se questionner seul ne fera que ressasser les mêmes idées et nous arriverons plus ou moins aux mêmes conclusions. Bref, ce chapitre est beaucoup plus abordé dans ma démarche artistique personnelle.

 

  • Combien comptes-tu de visiteurs?

Dure à dire je dirais plutôt quelques centaines de visiteurs à mon actif, et quelques clients réguliers, mais rien pour l’instant qui me permette de lâcher mon gagne pain principal. Par contre, cet été cela va changer je compte vraiment plus m’investir pour donner une vraie chance à tous ces projets de s’envoler. Aussi, cela s’avère une des difficultés quotidiennes, savoir prioriser ce qui doit être fait.

  • D’où vient la majorité de tes clients?

La plupart de mes clients proviennent de mon quartier, car j’ai quelques œuvres affichées dans un café du quartier qui encourage beaucoup le talent d’ici. Alors, la clientèle se bâtit petit à petit. D’autres de mes clients proviennent de bouche à oreille, mais je sais que j’ai encore du travail à faire avec les réseaux sociaux pour aller chercher une plus grande ampleur.

Capture d’écran 2016-04-21 à 16.13.13

  • Comment te sens en tant que femme entrepreneur?

Cela me motive, savoir qu’un jour, chaque jour sera investi pour moi et faire ce que j’ai toujours aimé faire. Je me sens en contrôle de ma vie, indépendante.

  • As-tu déjà rencontré des difficultés? Si oui lesquels?

Des difficultés, il y en a tout plein et à plusieurs niveaux, soit l’angoisse de l’artiste et la panne créatrice ou bien des contacts qui te tirent vers le bas au lieu de t’aider à monter, mais cela fait parti de la vie. Ce sont toutes des étapes qui nous en apprennent sur nous-mêmes, sur ce que l’on veut et qui nous fait grandir.

  • En quoi ton idée est plus innovatrice que les autres?

Innovatrice dans ma façon de penser peut-être, car je dis tout haut ce que certains pensent tout bas. Bref, je ne me cache pas dans ce que je fais. Pour certain avoir une pratique gagne pain et une pratique plus professionnelle est peut-être mal vu, mais dans mon sens je crois que les deux s’interpellent en quelque sorte. Un dialogue, un pont pourrait les réunir soit la relation avec les autres et la recherche de la vérité. Je crois que ce qui est merveilleux c’est qu’en tant qu’artiste on peut créer notre propre vérité comme si l’on arrivait à créer un monde parallèle où tout est permis.

  • Où peut-on te trouver? 

Site internet à venir cet été…

https://www.instagram.com/CLeBlancArtist/

https://www.facebook.com/ChristineLeBlancArtiste/

https://www.artbangbang.com/ChristineLeBlanc

 

  • Quel est ton principal concurrent aujourd’hui?

Ikea (rires) et tous ces artistes de ce monde, c’est pour cela que j’essaie de construire un réseau fort, car en tant qu’artiste, il y a une collectivité qui doit s’entraider pour arriver à nos fins. Par contre, c’est sûr que la vie n’est pas un chemin rose sans embuche il faut choisir ces contacts et construire un bon réseautage.

Je ne crois plus vraiment à l’artiste bohème seul dans son atelier. La vie de l’artiste et son rôle a changé énormément. Maintenant, il est nécessaire selon moi d’être entrepreneur en soi pour réellement percer dans le domaine.

  • As-tu des projets d’avenir en cohérence avec ton business ou autre?

Après la maîtrise ou même avant dépendamment comment les choses vont, j’aimerais avoir un atelier sur rue et une boutique « ETSY » pour développer une collection en lien avec mon branding et m’associer avec une amie avec qui nos idées s’empilent toujours à la tonne. Une surprise vous verrez.

  • Que représente pour toi la femme de nos jours?

Indépendante, forte, persévérante, créative, habile, aucune limite

  • Que penses-tu de notre site web consacrée aux femmes?

J’adore l’ouverture que cela permet et de laisser voir que nous avons une place comme n’importe qui dans la société, comme je disais précédemment nous faisons qu’évoluer en liberté. Par contre, c’est à nous de la choisir et de la saisir.

Un grand merci à toi Christine, nous te souhaitons évidemment la plus belle des réussites ! Et surtout n’oubliez pas… BAVARDEZ-EN!!!

Olivier.M

Publicités