Focus avec Delphine Baudu, co-fondatrice de AXELMAGE

Aujourd’hui nous vous proposons une interview avec Delphine Baudu. Dotée d’un parcours qui peut en inspirer plus d’un, elle nous raconte comment elle en est arrivée .

  • Présente-toi, qui es-tu?

Je suis Delphine Baudu, j’ai bientôt 45 ans. Je suis devenue entrepreneure à 41 ans après plus de 15 ans comme salariée dans le secteur du BTP, à la direction de gros projets de construction en France et à l’étranger.

À plusieurs moments de mon parcours comme salariée, j’ai du appliquer des décisions avec lesquelles je n’étais pas du tout d’accord, comme passer un marché à une entreprise qui ne me paraissait pas rendre le meilleur service ou bien me séparer d’un collaborateur.

J’ai voulu appliquer ma propre éthique aux relations avec les fournisseurs, les clients et les partenaires.

J’ai décidé de me mettre à mon compte quand j’ai réalisé l’importance que cette indépendance pour moi.

Ma seconde prise de conscience a été de me rendre compte que le challenge est mon moteur, il n’y en avait plus assez dans la dernière entreprise qui m’employait, donc je suis allée le chercher: créer Axelmage c’était pour moi un double challenge: quitter le salariat pour l’entreprenariat et aussi changer complètement de domaine professionnel.

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  • Quelle a été ton parcours ?

J’ai créé une méthode pour rendre visible ce qui ne l’est pas dans une entreprise et en faire quelque chose. Il s’agit de mettre en image:

  • les idées des personnes,
  • la vision d’une organisation,
  • les modes de fonctionnement non-dits d’une équipe,
  • la masse d’informations écrites dans des tableurs.

Quand on ne voit rien, on ne peut pas agir. Je voulais que tout ce qu’on écrit ou qu’on fait dans une organisation puisse être transcrit visuellement, pour redonner l’envie et le pouvoir d’agir.

Ce qui m’a permis d’arriver là: D’un côté mon expérience de manager dans de grandes entreprises, m’a permis de constater ce qui manquait et que je pouvais proposer, et d’un autre côté ce que je sais bien faire: comprendre des informations très diverses et complexes, les analyser, les organiser visuellement pour mieux les partager.

 

  • Quelle a été ta motivation à faire ça ?

J’avais remarqué que dans les organisations, il y a des idées, des visions, des actions et des données qui font une partie de leurs richesses qu’elles ne voient pas.

Je voulais offrir un service qui permette aux entreprises d’arrêter de gâcher la matière grise de leurs collaborateurs et aussi de se perdre dans la quantité d’informations qu’elles brassent au quotidien.

Je voulais les aider à réaliser la valeur de ce qu’elles ne voient pas chez elles et l’utiliser pour évoluer, innover, se transformer, bref: avancer.

  • Pourquoi le nom  « AXELMAGE » ?

C’est la contraction de 2 mots: « accélération » et « image »: mettre en image permet de se rendre compte et donc de prendre plus vite des décisions.

  • Qu’est-ce qui t’a motivé à choisir ce business plutôt qu’un autre?

Le sentiment qu’il n’est pas nécessaire d’ajouter des choses aux entreprises pour qu’elles aillent plus loin mais simplement de les aider à VOIR tout ce qu’elles ont déjà comme richesse pour les aider à mieux les utiliser… et puis, personne ne fait exactement ce que je fais, c’est ma seconde motivation.

  • Les avantages de ton business ?

Comme entrepreneure, j’ai eu l’impression en 4 ans de faire un bond en avant beaucoup plus qu’en quinze ans de salariat, en particulier sur le plan des apprentissages et du développement de l’esprit critique:

D’abord les apprentissages, être entrepreneure m’a demandé d’apprendre plusieurs métiers en plus du mien (surtout au début): vendeur et comptable pour n’en citer que deux, ensuite parce que j’ai du apprendre aussi à parler en public pour ne pas passer des heures à réviser ce que j’allais dire à telle ou telle soirée de présentation, et enfin parce que rester innovante me pousse à me former chaque année et donc à apprendre des contenus ou des méthodes nouvelles.

Je trouve aussi que pouvoir disposer de son agenda comme on veut est un luxe. Finalement, je crois que je fais plus de sport maintenant par rapport à avant, parce que je peux choisir les moments où en faire.

Enfin dernier point: être entrepreneur m’a apporté une plus grande conscience politique: le pouvoir de choisir ce que l’on offre, à qui, comment, celui de travailler avec tel client plutôt que tel autre, celui de répartir les richesses produites comme on veut (ou presque), de décider d’investir une partie de son temps de travail et de ses moyens dans une action plutôt qu’une autre : tout cela, pour moi, est « politique ».

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  • Combien comptes-tu de visiteurs?

Je compte aujourd’hui une quarantaine de clients. Côté site Internet, j’ai l’ai créé moi-même pour des raisons d’économies, lorsque j’ai fondé mon entreprise, il y a 4 ans.

Cette année après m’être rendue compte qu’il était vraiment obsolète, j’ai confié une mission à un professionnel, qui travaille à sa refonte complète. Dans quelques mois, je pourrai sûrement répondre à ta question, concernant le nombre de visiteurs de mon site.

  • D’où vient la majorité de tes clients?

Mes clients sont des entreprises grandes ou petites dans tous les secteurs économiques (finance, grande distribution, industrie, conseil et formation, secteur public, nouvelles technologies, écoles supérieures) situées pour l’essentiel sur le territoire français.

La majeure partie de mes nouveaux clients vient soit de mes clients actuels, qui recommandent mes prestations à leur réseau (le fameux « bouche à oreille »), soit de la collaboration avec d’autres entreprises dont je suis partenaire (mes prestations étant complémentaires des leurs).

  • Comment te sens-tu en tant que femme entrepreneur?

Super bien: pour rien au monde je ne changerais de statut.

  • As-tu déjà rencontré des difficultés? Si oui lesquelles?

Il n’y a qu’une chose que j’ai trouvé moralement difficile, c’est la première année du lancement de mon activité: l’enjeu était de passer du salariat à l’entrepreneuriat. Il a fallu changer d’habitudes professionnelles : trouver les premiers clients, se forcer à faire des choses qu’on n’aime pas (demander de l’aide par exemple, en ce qui me concerne) et surtout continuer sans relâche, en étant patiente…

 

  • En quoi ton idée est plus innovatrice que les autres?

Je n’ai pas cherché à la rendre innovatrice à priori, je me suis simplement aperçue après coup qu’il y avait peu de personnes qui faisaient la même chose que moi.

  • Où peut-on te trouver ?

On peut me trouver par linkedin et sur mon site web.

Je suis peu présente sur les réseaux sociaux, faute de temps pour publier régulièrement, et parce que je crois que les rencontres d’affaires viennent avant tout d’un dialogue entre personnes en chair et en os.

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  • Quel est ton principal concurrent aujourd’hui?

Je crois que la concurrence existe quand on a vraiment exactement les mêmes offres qu’une autre entreprise. Parfois 2 offres portent le même nom chez 2 prestataires différents, mais derrière cette ressemblance apparente, le contenu n’est pas le même.

Par exemple: une de mes offres de service porte sur la facilitation graphique On pourrait croire qu’il y a une concurrence croissante dans ce domaine: celle en particulier, d’indépendants issus du monde du dessin, qui ajoutent l’offre « facilitation graphique » à leurs prestations. Mais pour la plupart ils pratiquent le « graphic recording » (ils prennent des notes graphiques en direct pendant des évènements) plutôt que la facilitation graphique proprement dite (conception sur mesure d’ateliers collaboratifs, animation des ateliers et restitution visuelle des contenus produits par le groupe). Donc, quand on creuse un peu, on se rend compte que la prestation est différente.

Sur cette offre, j’ai finalement très peu de concurrents.

Pour les autres offres d’Axelmage, je me positionne de telle sorte que j’évite d’entrer en concurrence directe avec d’autres prestataires. Ça permet aux clients de trouver leur bonheur dans la variété des propositions.

  • As-tu des projets d’avenir en cohérence avec ton business ou autre ?

A côté de mon rôle d’entrepreneure, je me sens concernée par le domaine de l’école, dans lequel je m’implique d’ailleurs en donnant des cours en parallèle de mon activité dans des écoles supérieures.

Une de mes ambitions est de développer à l’école l’usage du dessin et la culture du visuel comme mode complémentaire d’expression, à côté de l’écrit.

 

  • Que représente pour toi la femme de nos jours ?

Elle veut tout concilier: son épanouissement professionnel, familial, physique, amoureux.

C’est une « super women », avec du coeur.

  • Que penses-tu de notre site web consacrée aux femmes ?

Je pense que c’est une bonne idée de s’intéresser aux femmes.

D’une part, beaucoup croient que la question de l’égalité homme-femme dans notre pays n’est pas un sujet, or c’en est un, et surtout dans le domaine professionnel.

Ensuite parce que les femmes ont des choses à dire aussi et des exemples à être pour qui cherche un mentor…

Je soutiens donc votre idée !

 

Un grand merci à toi Delphine, on te souhaite bien evidemment la plus belle des réussites !

Surtout n’oubliez, BAVARDEZ-EN !!

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