Interview avec Vanessa Moulédous, co-fondatrice de LittleMonsieur

Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir le parcours passionnant de Vanessa Moulédous, créatrice de «littlemonsieur»

  • Présente-toi, qui es-tu?

Vanessa Moulédous, 37 ans, maman d’un petit garçon de 3 ans, enceinte d’une petite fille, vivant actuellement aux antipodes à Sydney, diplômée de l’EDHEC, école de commerce. Une passion pour la danse à menée en filigrane une grande partie de ma vie. J’ai un très fort intérêt pour le design et l’architecture aussi. Un début de carrière sur les marchés financiers en 2001, quittée 2 ans plus tard pour travailler dans le design sans rien y connaître et finalement tenter l’entrepreneuriat lors de mes expatriations en Australie et au Danemark, d’abord dans le networking professionnel puis dans la mode pour enfant. Une dernière aventure officiellement lancée en France 1 mois avant de partir à l’autre bout du monde !

  • Quelle a été ton parcours ?

     

Mon parcours est loin d’être linéaire ! Après mon école de commerce, j’ai travaillé 2 ans sur les marchés financiers pour me rendre compte que ce n’était pas ma voie. Donc changement de cap, direction le design où je suis devenue chef de projet spécialisée dans le branding design et la stratégie de marque dans une agence parisienne leader.

4 ans plus tard, je décide de suivre mon mari en Australie où il travaillait 6 mois pour un client. Difficile de trouver un job en continuité avec le mien pour 6 mois. Alors, pour que cette expatriation ne soit pas que touristique, j’ai démarré un groupe de networking pour les professionnels de l’industrie créative. Par la suite, un retour de 3 mois en France s’impose, puis nouvelle mission client pour mon mari et une expatriation au Danemark pour un an. J’ai continué ce groupe à Paris et Copenhague. Sans réussir à trouver la bonne formule – et celle qui me correspondait, pour passer à un business modèle générant des revenus. À ce moment-la est arrivé mon fils.

Enceinte, la première fois ou je suis entrée dans le rayon petit garçon, j’ai failli regretter que ce soit un garçon ! L’offre était si limitée et si limitante: pas variée, pas assez créative, coincée dans des codes conventionnels inconscients ! Même chez les marques plus « branchées ». C’est là que j’ai décidé de lancer LittleMonsieur , kidstore de mode pour petits garçons branchés, et de proposer à ma sœur Johanna de rejoindre l’aventure !

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  • Quelle a été ta motivation à faire ça ?

De mon expérience dans le branding, j’ai retenu que derrière toute marque se cachent une « vision » et une »mission ». La motivation fondamentale ainsi que la mission derrière l’aventure LittleMonsieur, sont de contribuer à rendre le monde plus ouvert d’esprit. Mais comment rendre le monde plus ouvert si dès la naissance, la société façonne tous les jours inconsciemment et insidieusement notre vision du monde au travers de choses que l’on croit anodines ? Comme les vêtements que l’on porte. L’histoire démontre bien le lien étroit entre société et mode. Je revenais d’une expatriation au Danemark où j’ai découvert une liberté vestimentaire inconcevable chez nous, reflet d’un mode de pensée sociétal très inspirant.

Au travers de LittleMonsieur, nous avons voulu proposer aux parents de bébés et petits garçons de libérer leurs façons de penser concernant la mode pour leurs garçons grâce à une sélection mode précise, plus hors des sentiers battus, plus créative, plus pointue, plus libre.

  • Pourquoi le nom  « LittleMonsieur » ?

Il m’est venu assez instinctivement. D’abord parce qu’il nous positionne très clairement sur le créneau « exclusivement pour les petits garçons ». Ensuite parce qu’il suggère que le petit garçon a aussi le droit à une mode élaborée, qui ne se limite pas aux couleurs primaires, aux répliques des tenues de papa, aux voitures ou au ton humoristique.

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  • Qu’est-ce qui t’as motivée à choisir ce business plutôt qu’un autre?

Comme beaucoup de « mompreneuses », souvent l’arrivée du premier enfant déclenche une envie de travailler dans ce secteur. J’ai quitté la finance pour l’industrie créative et c’est dans un business créatif que je me sens bien. Et j’adore le changement et les nouveaux challenges ! Sans rien connaître à l’industrie textile, en fait on connaît déjà beaucoup du marché de la mode pour enfant à simplement être parent ! Cela facilite donc la transition vers un nouveau business. Sans oublier le fait que Johanna ma sœur a travaillé quelques années dans des maisons de haute-couture.

  • Les avantages de ton business ?

L’avantage majeur, vu que l’on vend sur internet, c’est de pouvoir travailler de n’importe où, il me suffit d’une connexion internet. Comme je n’ai plus un métier à la merci d’un timing client, et que je travaille pendant que le marche cible de LittleMonsieur (la France) et les partenaires (Europe) dorment, mon agenda est plus flexible ce qui nous permet de moins devoir faire la séparation « journée boulot »/ « week-famille » et de mieux intégrer notre fils dans notre quotidien.

  • D’où vient la majorité de tes clients?

On cible la France, donc la très grande majorité de nos clients proviennent de France. Parfois, une vague de commandes arrive de l’étranger, certains clients cherchant une marque spécifique qu’ils trouvent chez nous !

Pour ce qui est de la clientèle française, vu notre positionnement pointu en matière de mode pour petits garçons, on pensait que notre clientèle viendrait des grandes villes, essentiellement Paris, où la mode tient une grande place dès le plus jeune âge. Et finalement, on se rend compte qu’une partie non négligeable de notre clientèle vient de Province et pas forcément de grandes villes. Probablement parce qu’encore aujourd’hui, internet a pour rôle de « désenclaver » les régions.

  • Comment te sens en tant que femme entrepreneur?

Je n’ai jamais fait cas d’être née fille, parce que j’ai été élevée dans la croyance qu’une fille est égale à un garçon, une croyance qui est en parfaite fusion avec ma personnalité. Donc la question pour moi c’est plutôt « Comment te sens-tu en tant qu’entrepreneur ? ». A quoi je répondrais » libre ! Mais la liberté peut donner le vertige ! Il faut aimer les montagnes russes pour être entrepreneur et ne pas avoir peur de découvrir son moi profond, parfois éloigné de celui que l’on connaissait dans un cadre établi.

  • As-tu déjà rencontré des difficultés? Si oui lesquelles?

C’est une Lapalissade ! Dès les premières étapes, l’immatriculation par exemple, la création d’entreprise est un parcours semé d’embûches ! Dans les difficultés majeures, je parlerais de la nécessité de faire évoluer son business model, qui arrive à pas mal de jeunes entreprises. Et surtout, le manque de ressources humaines. Dans la plupart des interviews de start ups qui attirent les projecteurs, la société est à peine lancée qu’elle compte déjà une dizaine personnes qui travaillent pour elle. On occulte trop souvent la réalité de cette équipe : quand on connaît le coût de la main-d’œuvre en France et les contraintes de la législation du travail, avoir une équipe dès ses débuts relève du mythe…ou d’investisseurs ! Le bénévolat, à moins d’être associé ou stagiaire non payé – et on ne peut monter une entreprise à 10 associés ni sur la base de stagiaires uniquement, ne tient pas longtemps à notre époque…

En quoi ton idée est plus innovatrice que les autres?

Elle n’est pas innovatrice, il n’y a pas de disruption. Là aussi, c’est une idée trop répandue dans la sphère des starts-up : toutes les entreprises qui se lancent ne se lancent pas sur une innovation !

Dans le cas de LittleMonsieur, je parlerais plutôt de facteurs de différenciation : on est les seuls sur le créneau petits garçons. Et on propose une mode hors des sentiers battus, aux partis pris un peu plus affirmés : notre but n’est pas de nous adresser à tous les parents de petits garçons et de proposer le plus de choix vestimentaire possible ; notre sélection de marques et vêtements est guidée par une direction artistique, une liste de critères, qui définit un style palpable, notre vision du petit garçon du 21ème siècle.

  • Où peut-on te trouver ?

www.littlemonsieur.com

www.facebook.com/littlemonsieur

www.instagram.com/littlemonsieur

www.pinterest.com/littlemonsieur

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  • Quel est ton principal concurrent aujourd’hui?

Le secteur de la mode pour enfants est devenu très concurrentiel en quelques années. Pour un retailer en ligne comme nous, la concurrence vient principalement des autres retailers en ligne, positionnés middle market, particulièrement les acteurs historiques qui ont une longueur d’avance en matière d’expérience, de compréhension du marché et du métier et les moyens de développer, proposer de nouvelles idées et aller vite. En pratique, on ne se mesure pas à eux ; mais pour nos clients, c’est évidemment une alternative.

Nous avons pris le parti de ne pas jouer David contre Goliath et préférons nous différencier de ces géants en proposant des marques exclusives en France ou de petits créateurs et designers. Désormais, on travaille à se positionner en tant que « dénicheur de talents » de mode hors des sentiers battus pour petits garçons.

  • As-tu des projets d’avenir en cohérence avec ton business ou autre ?

Je vis de nouveau en Australie depuis un an et demi. L’inversion des saisons, le marché très binaire en matière de mode pour enfants, la faible qualité pour des prix élevés nous conduisent à analyser comment linéariser notre business sur l’année et ne plus dépendre des saisons ! Ce qui, en matière de mode, serait un vrai luxe pour des entrepreneurs !

  • Que représente pour toi la femme de nos jours ?

Sans être aucunement féministe, quand j’observe l’état de notre monde qui résulte majoritairement de décisions masculines, je crois très sincèrement que la femme d’aujourd’hui représente l’avenir de l’Homme. Si tant est qu’elle trouve en elle les moyens de se faire une place égale aux côtés des hommes. À mon sens, c’est un vrai enjeu humain.

  • Que penses-tu de notre site web consacrée aux femmes ?

J’aime l’idée de proposer aux côtés de portraits de femmes qui ont « réussi », des portraits de femmes qui se lancent, et qui me semblent répondre sans fard.

 

Un grand merci à toi Vanessa, merci d’avoir partagé ton parcours et ta passion avec nous, nous espérons que l’avenir de «LittleMonsieur» soit à l’image de ta détermination. 

Et n’oubliez pas: Bavardez-en!

Olivier M

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